L’esprit de solitude

Pour la plupart des contemporains, la solitude est ressentie de façon négative : on la confond avec l’isolemen0402012-schtroumpfs-ecrire-ecriture-stylot, le manque, l’abandon. Et la société veille à empêcher que l’être humain ne se retrouve seul, face à lui-même.Or la solitude est loin d’être un enfermement, une pauvreté. C’est un état d’heureuse plénitude. Non seulement parce qu’elle offre la clef de la vie intérieure et créative, mais parce qu’elle est disponibilité et apprentissage de l’amour. Et il n’est pas de liberté de l’individu sans ce recueillement de la pensée, sans cet ermitage du coeur.Pourquoi tant de philosophes, d’artistes, de saints et de mystiques furent-ils de grands solitaires ? Quelle force, quelle inspiration puisèrent-ils dans cette vie d’austère apparence ? Et pourquoi notre monde lutte-t-il avec tant d’ardeur contre un état propice à la connaissance de soi ?

A vivre seul, au moins quelques années, on apprend à passer du besoin qui ligote au désir et au rêve qui ouvrent grand l’espace en soi et autour desoi.
A vivre seul, on apprend à choisir ses relations au lieu de les supporter, de s’en accommoder. Sauvage et sociable tout à la fois, l’individu solitaire ne se croit pas obligé d’aller à des repas de famille, de participer à des fêtes dont les convives l’ennuient. Et de cela il ne se sent nullement culpabilisé parce qu’il est en accord avec ce qu’il fait.
Se tenir en solitude,c’est chérir une situation propice à l’inattendu, à l’incroyable dont les tableaux de Van Eyck et de Brueghel esquissent l’apparition. C’est se vouloir disponible, absolument; et non disponible pour quelque chose, en attente de quelqu’un. Se tenir dans la fraicheurdu commencement. C’est donc un état émerveillé.

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