La vie, la mort et entre les deux, quelques points de suspension

vie-mort-google-projet-Calico

La vie, la mort et entre les deux, quelques points de suspension. 
Projet un peu secret mais assurément archi-coûteux de Google – baptisé Calico.

Rarement aura-t-on vu projet à la fois aussi coûteux et secret que la quête de l’immortalité de Google. Fondé en septembre 2013, son centre de recherche baptisé Calico a comme ambition avouée de « tuer la mort ». Comment ? Résultats de recherche en cinq mots-clés.

L’aventure de Calico, née d’une idée folle de l’inventeur, auteur et futurologue Ray Kurzweil et du responsable des investissements chez Google, Bill Maris, commence en 2012. Un an plus tard, Calico était fondée avec la mission officielle de « s’attaquer au vieillissement », comme l’annonce son site très minimaliste au www.calicolabs.com. « Vous me demandez aujourd’hui s’il est possible de vivre 500 ans ? La réponse est oui, a déclaré en mars dernier M. Maris à Bloomberg. J’espère seulement vivre assez longtemps pour ne pas mourir. »

ARGENT

Google s’est toujours refusé à chiffrer ses investissements dans ses aventures les plus audacieuses, comme sa voiture autonome ou son réseau de montgolfières internet. On sait toutefois depuis mars dernier que sa quête de l’immortalité, en association avec des centres de recherche universitaires aux États-Unis, lui coûtera au moins 750 millions pour les quatre prochaines années. Plus précisément, on étudiera « la biologie du vieillissement » et « des thérapies potentielles pour des maladies liées à l’âge ».

MÉDICAMENTS

L’approche la plus conventionnelle, c’est évidemment de trouver des médicaments qui vont ralentir le vieillissement. On a eu la confirmation que Google travaillait dans cette direction avec l’embauche, en avril 2014, de la biologiste américaine de renommée internationale Cynthia Kenyon. Elle a réussi à multiplier par six la longévité de vers ronds, des nématodes, grâce à des manipulations génétiques qu’elle espère reproduire chez l’humain à l’aide de médicaments.

GÉNÉTIQUE

Depuis juillet 2014, Calico passe à la loupe les molécules et les gènes de 175 volontaires, des êtres humains bien portants dont on espère dresser le portrait complet. Le « projet Baseline » examine l’urine, le sang, la salive et les larmes de cette première cohorte de cobayes auxquels on garantit l’anonymat. Le responsable de cette recherche dévoilée par le Wall Street Journal, Andrew Conrad, dirige une équipe d’une centaine de scientifiques de tous les horizons, de la biochimie à l’imagerie médicale en passant par la biologie moléculaire.

ORDINATEUR

L’aspect le plus fascinant des travaux de Calico est inspiré du futurologue Ray Kurzweil, devenu directeur de l’ingénierie de Google en 2014. Sommité en matière d’intelligence artificielle, il prédit que les ordinateurs deviendront conscients autour de 2029. Les capacités de la recherche médicale augmenteront de façon exponentielle d’ici là, ce qui permettra de corriger nos défauts biologiques et de créer des nanotechnologies pour reconstruire notre corps. Enfin, vers 2045, les humains pourront recopier leur esprit dans un ordinateur et atteindre une certaine forme d’immortalité.