Poème – Instants par Jorge Luis Borges

Poème – Instants par Jorge Luis Borges

Poème - Instants par Jorge Luis Borges

Si je pouvais de nouveau vivre ma vie,
dans la prochaine je tâcherais de commettre plus d’erreurs.
Je ne chercherais pas à être aussi parfait, je me relaxerais plus.
Je serais plus bête que je ne l’ai été,
en fait je prendrais très peu de choses au sérieux.
Je mènerais une vie moins hygiénique.
Je courrais plus de risques,
je voyagerais plus,
je contemplerais plus de crépuscules,
j’escaladerais plus de montagnes,
je nagerais dans plus de rivières.
J’irais dans plus de lieux où je ne suis jamais allé,
je mangerais plus de crèmes glacées et moins de fèves,
j’aurais plus de problèmes réels et moins d’imaginaires.
J’ai été, moi, l’une de ces personnes qui vivent sagement
et pleinement chaque minute de leur vie ;
bien sûr, j’ai eu des moments de joie.
Mais si je pouvais revenir en arrière,
j’essaierais de n’avoir que de bons moments.
Au cas où vous ne le sauriez pas, c’est de cela qu’est faite la vie,
seulement de moments ; ne laisse pas le présent t’échapper.
J’étais, moi, de ceux qui jamais
ne se déplacent sans un thermomètre,
un bol d’eau chaude,
un parapluie et un parachute ;
si je pouvais revivre ma vie, je voyagerais plus léger.
Si je pouvais revivre ma vie
je commencerais d’aller pieds nus au début
du printemps
et pieds nus je continuerais jusqu’au bout de l’automne.
Je ferais plus de tours de manège,
je contemplerais plus d’aurores,
et je jouerais avec plus d’enfants,
si j’avais encore une fois la vie devant moi.
Mais voyez-vous, j’ai 85 ans…
et je sais que je me meurs.

(Poème écrit par Jorge Luis Borges un an avant son décès survenu le 14 juin 1986)

Citation inspirée sur l’individualité

Citation inspirée sur l’individualité

Soyez vous-même.Surtout, laissez qui vous êtes, ce que vous êtes, ce que vous croyez, briller à travers chaque phrase que vous écrivez, chaque morceau que vous avez terminé. 

-John Jackes

Écrire, c’est comme jouer du piano

 

 

Écrire, c’est comme jouer du piano

chaque touche créé une mélodie différente, mais c’est le cœur qui la rend unique.

 « Laisse moi mon stylo, y’a pas moyen que je m’arrête ; j’ai une envie d’écrire comme t’as une envie de cigarette. » Grand corps malade 

grand-corps-malade

Paroles de la chanson Toucher L’Instant


On a trempé notre plume dans notre envie de changer de vision
De prendre une route parallèle, comme une furtive évasion
On a trempé notre plume et est-ce vraiment une hérésie
De se dire qu’on assume et qu’on écrit de la poésie
Il existe paraît-il, un instant dans l’écriture
Qui oublie la page blanche et efface les ratures
Un véritable état second, une espèce de transe
Qui apparaît mystérieusement et s’envole en silence
Que l’on rape ou que l’on slame, on recherche ce moment
Il allume une flamme qui nous éclaire brièvement
Cette flamme est la preuve, laisse moi t’en faire une démo
Qu’il est possible de combattre le mal par les mots
C’est tout sauf une légende, on espère juste toucher l’instant
Les quelques secondes du poète qui échappent à l’espace-temps
Les moment rares et irréels que la quiétude inonde
Rouda, n’oublie jamais notre parole du bout du monde
On ressent comme une coupure dans la vie, comme un rêve
On oublie les coups durs de la vie, comme une trêve
C’est un phénomène puissant, je ne te parle pas d’inspiration
Mais d’un souffle plus profond comme une seconde respiration
On voit et on entend l’encre devenir vivante
On goûte et on sent la saveur d’une rime errante
On touche du doigt l’instant qui nous enveloppe de sa puissance
C’est sans cesse la renaissance de l’essence même de nos cinq sens
C’est le moment où on passe de l’autre côté des paysages
On sympathise avec le vent et on tutoie les nuages
Il fait jour en pleine nuit et il fait nuit en plein jour
Profite de cet instant, il ne durera pas toujours
C’est tout sauf une légende, on espère juste toucher l’instant
Les quelques secondes du poète qui échappent à l’espace-temps
Le moment où le voile se lève et la magie s’élance
Là où j’ai croisé Souleymane au bout du sixième silence
Si on a pas atteint le Nirvana, on doit en être au seuil
Pourtant je suis simplement assis là devant ma feuille
Peut-être que cet instant n’existe que dans mon esprit
Et que je suis complètement mythomane lorsque j’écris
Mais laisse moi mon stylo, y’a pas moyen que je m’arrête
J’ai une envie d’écrire comme t’as une envie de cigarette
Et pour m’enlever ce désir je te demanderais de repasser
Car tant que je pourrais écrire je continuerai de penser
Que c’est tout sauf une légende, on espère juste toucher l’instant
Les quelques secondes du poète qui échappent à l’espace-temps
Les moments que l’on redécouvre, que l’on connaît plus ou moins
Tu l’as déjà touché Jacky, j’en suis témoin
On a trempé notre plume dans notre envie de changer de vision
De prendre une route parallèle, comme une furtive évasion
On a trempé notre plume et est-ce vraiment une hérésie
De se dire qu’on assume et qu’on écrit de la poésie.

Voici ce qui est inscrit sur la tombe de Jim Morrison au cimetière du Père-Lachaise.

Je suis un homme de mots

Jim MorrisonJim-Morrison-poesie-mots-poete-porteLa vraie poésie ne veut rien dire, elle ne fait que révéler les possibles. Elle ouvre toutes les portes. A vous de franchir celle qui vous convient …

– Jim Morrison

 James Douglas Morrison. Poète 1943-1971 ». Voici ce qui est inscrit sur la tombe de Jim Morrison au cimetière du Père-Lachaise. Principalement connu comme chanteur du groupe The Doors of Perception, il était avant tout poète. Allergique à la guerre, aux conventions, aux théories de mœurs, son écriture est visionnaire, engagée, belle et rare

Je suis un homme de mots

– Jim Morrison

L’ensemble des écrits de Jim Morrison traduits en français à ce jour est publié aux Éditions Christian Bourgeois, dans Écrits (édition bilingue, 1996) : Seigneurs et Nouvelles créatures (Lords and the new créatures), Une prière américaine (An american prayer), Wilderness (Wilderness), La nuit américaine (The American Night), Arden lointain (Far Arden).

L’écriture de Jim Morrison, encore peu connue en France, est d’une puissance, d’une qualité rare. Elle n’a jamais, à ma connaissance, été entendue sur une scène de théâtre. Artiste engagé, allergique à la guerre, aux conventions, aux théories de mœurs, il crie sa révolte contre cette schizophrénie arrogante de l’Amérique prêchant la liberté et opprimant ses minorités.

Au lycée, alors que ses camarades de classe idolâtraient des chanteurs, des acteurs et des sportifs, les héros de Morrison se trouvaient sur les rayons des bibliothèques : Blake, Baudelaire, Rimbaud, Sartre, Céline, Genet, Maïakovski, Kerouac, Nietzsche, Kafka… Les énormes références littéraires dont il s’est doté très tôt allaient modeler toutes ses créations par la suite.

Pour lui, une chanson est avant tout un poème mis en musique. Il voulait être écrivain et poète dès son plus jeune âge. Il répéta souvent qu’il se mit à la musique pour que ses textes soient écoutés par le public le plus vaste possible.

Le 8 décembre 1970, à l’occasion de son 27ème (et dernier) anniversaire, Jim Morrison s’offrit un cadeau particulier : il loua un studio à Village Recorders à Los Angeles pour enregistrer ses poèmes. Puis il quitte brutalement les Etats-Unis pour vivre à Paris et tenter de trouver un semblant d’anonymat afin de se consacrer à l’écriture. Son dernier enregistrement aura lieu à Paris, un CD pirate Jim Morrison, The last Paris Tapes, disque extraordinaire où Morrison déclame sa poésie sans musique si ce n’est deux ou trois notes de piano de temps en temps…

Pour Jim Morrison, la poésie était une nécessité. Certains diront de lui qu’il a été une rock star par accident. Il a écrit plus de deux milles pages sans compter celles égarées, jetées…

de William Blake : « Si les portes de la perception s’ouvraient, toute chose apparaîtrait à l’homme telle qu’elle est, c’est-à-dire infinie » ; et de celle de  l’écrivain, le poète, James Douglas Morrison. : « Il y a le connu, il y a l’inconnu, entre les deux se trouvent les portes », avec comme objet central les mots de Jim Morrison 

Extrait de « La nuit américaine »

Comment devenir
révolutionnaire
acteur
(prophète !)
ou poète

II y a toujours de bons amis
pour vous aider et vous secourir
lubie Mercenaire
pour elle ou pour lui

D’abord devenez
Visionnaire-Scientifique
radiocal biochimical
aviationnaire plongeur-du-ciel
Puis contactez votre comp-
table local (il vous dira
comment répandre les graines du doute)

Extrait de « Wilderness »

Les acteurs doivent nous faire croire
à leur réalité
Nos amis ne doivent pas
nous donner l’impression que nous jouons la comédie

Les voici, pourtant, dans la lenteur
du Temps

Mes mots fous
glissent en fusion
et risquent de perdre
contact avec le sol

Alors étranger, deviens
plus fou encore

Explore les Hautes Terres

  • Je suis un homme de mots 

(…) L’écrivain beat Michael McClure découvre par hasard les écrits de Morrison.

Il est aussitôt convaincu. Les poèmes lui font une « impression formidable », et il pousse Jim à les publier. Mais, du fait de sa notoriété, Morrison vit mal le passage à la publication. Il redoute que ses poèmes soient accueillis comme une facétie, le caprice intellectuel d’une rock star, et que le public place immanquablement le masque du chanteur sur le visage du poète. Or, pour Jim, l’écriture constitue l’axe central, l’élan créatif premier : « Je suis un homme de mots. » Ainsi, pas question de placer sa photo en couverture, ni de conserver son nom de scène. L’écrivain, totalement dissocié du chanteur, se nomme James Douglas Morrison. Le rock ne représente plus pour lui qu’une façon « amusante » de gagner sa vie, une expérience parmi d’autres. Jim opte pour l’auto-édition, une pratique qui lui permet de maîtriser totalement la conception de l’objet livre.

En avril 1969, Jim Morrison fait publier à cent exemplaires un ensemble de quatre-vingt-deux pensées sur le regard et le cinéma : The Lords (Notes on Vision). Ces « visions rimbaldiennes » – ou « éphémérides », selon l’expression du poète André Velter – datent des années de fac.

Morrison fait aussi imprimer New Créatures, un ensemble de poèmes placés sous l’influence de Lovecraft, Whitman et Jérôme Bosch. Des textes tourmentés – Éros et Thanatos, sexe et mort – et parfois désespérés, dans un univers animalier (…)

– Jim Morrison 

Le Cercle des poètes disparus

Mais la poésie, la beauté, l’amour, l’aventure, c’est en fait pour cela qu’on vit.

     Robin Williams, Le Cercle des poètes disparus (1989), écrit par Tom Schulman


Robin Williams, Le Cercle des poètes disparus (1989), écrit par Tom Schulman

On lit ou on écrit de la poésie non pas parce que c’est joli. On lit et on écrit de la poésie parce que l’on fait partie de l’humanité, et que l’humanité est faite de passions. La médecine, le commerce, le droit, l’industrie sont de nobles poursuites, et sont nécessaires pour assurer la vie. Mais la poésie, la beauté, l’amour, l’aventure, c’est en fait pour cela qu’on vit.

  • Robin Williams, Le Cercle des poètes disparus (1989), écrit par Tom Schulman