Lettre ouverte aux filles qui laissent filer les mecs biens.

794 rupture

Elle écrit une lettre ouverte aux filles qui laissent filer les mecs biens. 

Il ne faut pas le laisser partir !

C’est arrivé bien trop souvent : le mec bien perd la fille parce qu’il est qui il est.

 

Le pire, c’est que si c’est vraiment un chic type, il va la perdre sans broncher. Il acceptera la situation en se disant que c’est ce qu’elle veut vraiment et en lui souhaitant le meilleur pour la suite, alors qu’il la voit s’en aller tout en sachant que c’est la fille parfaite pour lui.

 

Au nom de tous les braves types, voici une lettre ouverte à la fille qui a quitté la meilleure chose qui pouvait lui arriver :

 

« Chère fille qui s’en est allée,

 

Ce n’est pas comme si tu ne savais pas dans quoi tu t’embarquais. Il t’a prévenue qu’il était gentil. Il avait confiance et t’offrait tout ce qu’il pouvait, quand il le pouvait.

 

Le mec bien est sûr que faire les choses bien est ce qu’il faut faire. Il était là quand tu en avais besoin et il est sorti des sentiers battus pour toi, pour te montrer ce que tu représentais à ses yeux.

 

Nous vivons dans une société dans laquelle nous devons tous porter un masque et jouer un rôle pour affronter le champ de bataille des rencontres amoureuses, au XXIème siècle. Personne ne se dévoile totalement.

 

On poste des statuts sur Facebook et Instagram affirmant qu’on est masochiste un jour et romantique le lendemain. On fait parfois les disponibles et souvent les « durs en affaires ». Pourquoi ?

 

Je pensais que le but ultime était de se caser. Enfin, à quoi cela rime-t-il de faire des rencontres si on n’en a pas vraiment envie ? Si vous ne cherchez que l’amusement d’une nuit, laissez les mecs biens tranquilles et jouez avec les gens qui cherchent la même chose.

 

Épargnez-vous du temps et de l’énergie, parce que le mec bien ne rendra pas votre départ facile. Il tient à vous, donc il vous demandera une explication, même s’il sait que vous ne lui servirez qu’un ramassis de débilités.

 

Toutes les filles prétendent aimer le « salaud » parce qu’il représente un défi. Celui de le transformer et le modeler pour qu’il ne le soit plus. Ne vous êtes-vous jamais demandée que c’était peut-être vous qui aviez besoin d’être modelée pour savoir ce que signifiait « avoir des sentiments » à nouveau ?

 

Vous avez eu une histoire compliquée et à cause de cela, vous avez changé ? À qui cela n’est pas arrivé ? Les peines de cœur arrivent et le « salaud » suivant n’améliorera pas les méfaits du premier, au contraire. Vous n’êtes pas sa priorité et vous ne le serez jamais. Maintenant, vous êtes aigrie et fermée à tout ce qui pourrait être plus satisfaisant qu’une simple nuit de plaisirs.

 

On ne va pas se mentir, le sale type est amusant mais on en fait vite le tour. Est-il plus qu’un bon moment passé ? Pas sûr.

 

En réalité, le pauvre type a un certain charme, celui que vous voulez bien lui donner. Vous déclarez : « Il a quelque chose que je ne saurais expliquer ». C’est probablement la même chose qui vous a fait du mal par le passé.

 

Vous essayez donc de repousser le mec bien. S’il ne part pas facilement, vous le repousser plus fort encore. Malgré cela, il n’abandonne pas. 

 

Il faisait fi de vos peurs et vous poussait à grandir. Il se battait pour que vous preniez du temps pour faire ce qui vous plaisait. Il oubliait vos désirs et se concentrait sur tout ce dont vous aviez besoin. Donc, vous vous en êtes allée parce qu’il était trop gentil.

 

Il vous rendait la vie trop facile. Vous vouliez des disputes et des moments difficiles, comme si la vie n’était qu’un long chemin semé d’embûches. Vous faites fausse route.

 

Il lui est aussi arrivé une mauvaise expérience, il a juste choisi de garder sa gentillesse. Il a appris que chaque personne est susceptible de lui apporter de nouvelles choses dans la vie. Il a également décidé que les événements ne le changeront pas.

 

Il vous laissera donc partir en se disant que ça arrive. On dit toujours « une de perdue, dix de retrouvées » et il vous laissera vous éloigner en gardant ce dicton en tête, même s’il a mal.

 

Ce que vous ne savez pas, c’est qu’une autre l’attend et elle ne sera pas aussi stupide que vous. Quand vous vous rendrez compte que ce que vous voulez est un mec bien qui tient à vous, il sera trop tard. Une autre verra à quel point il est génial et elle ne laissera pas sa chance passer.

 

Vous aurez laissé passer votre Ted Mosby et, je vous promets que pour lui, vous étiez Robin. Les mecs biens sont là pour vous offrir un break, un chemin vers quelque chose de mieux que les jeux auxquels on identifie notre génération.

 

Il vous a peut-être aimé trop tôt et trop fort mais les hommes comme Ted Mosby ne courent pas les rues. Il vous a fait vous sentir aimée alors que l’amour n’était plus dans votre vocabulaire.

 

Il était fait pour vous ; celui qui rendait les choses différentes. Je vous souhaite de vous en apercevoir avant qu’il ne soit trop tard.

 

Mes sincères salutations, Celle qui l’a laissé filer »

 

Si tu aimes une personne, dis-le lui, car les cœurs sont souvent brisés par les mots qui ne sont pas dit.

Grandeur et déchéance d’un champion qui a fait de la tricherie sportive une success story et un business à l’américaine,

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L’histoire :

Cycliste ordinaire, miraculé du cancer, champion absolu du Tour de France… et tricheur absolu. Lance Armstrong (Ben Foster), recordman du Tour de France cycliste qu’il a remporté à sept reprises de 1999 à 2005, fut au centre d’un énorme scandale sportif lié au dopage intensif. Après avoir longtemps nié les accusations et les rumeurs, il avoua la tricherie et fut destitué de tous ses titres. Le film s’inspire du travail et du livre écrit par le journaliste sportif David Walsh (Chris O’Dowd), du Sunday Times, l’un des rares professionnels à émettre des doutes sur « l’intouchable » héros du Tour.

En 1993, Walsh rencontre Lance Armstrong, à la Flèche Wallonne. Aux yeux de Walsh, le jeune cycliste texan est capable de gagner quelques étapes et courses de pur rouleur, mais doute que sa morphologie lui permette de tenir le rythme dans les grandes compétitions. Les premiers résultats professionnels d’Armstrong donnent raison à Walsh. Mais Armstrong veut gagner, à tout prix… Il convainc ses coéquipiers de l’équipe Motorola d’acheter de l’EPO, produit dopant légal en Suisse bien qu’interdit par les instances officielles du cyclisme professionnel. En 1996, la santé d’Armstrong se dégrade. Le diagnostic tombe, sans appel : il est atteint d’un très grave cancer des testicules, avec métastases se développant dans son cerveau. Il doit arrêter le cyclisme, et subit des mois de traitements et d’opérations très lourdes, qui le vident de ses forces. Rétabli, Armstrong ne s’avoue pas vaincu pour le cyclisme. Il prend contact avec un curieux médecin italien, Michele Ferrari (Guillaume Canet), soupçonné de diverses affaires liées au dopage à l’EPO. Ferrari, grâce à un programme de dopage élaboré sous contrôle scientifique permanent, fera de lui le champion qu’il voudrait être. Passé grâce à son agent Bill Stapleton (Lee Pace) de l’équipe Motorola à celle de Cofidis, il rejoint la modeste équipe US Postal dirigée par son ami Johann Bruyneel (Denis Ménochet). Transformé par le programme de Ferrari, Armstrong écrase le Tour de France 1999 qu’il remporte haut la main, et va truster les Maillots Jaunes et les premières places. Walsh, soupçonneux de la trop belle histoire du miraculé champion, recueille des témoignages de plus en plus accablants ; mais il est dangereux d’oser écorner la légende du champion miraculé, devenu une star et un homme d’affaires richissime. Le ver est pourtant dans le fruit. Un nouveau venu va rejoindre l’équipe US Postal : Floyd Landis (Jesse Plemons)…

 

Lance armstrong

Grandeur et déchéance d’un champion qui a fait de la tricherie sportive une success story et un business à l’américaine, avant de tomber… Lance Armstrong va rester pendant longtemps sans doute LA figure emblématique des dérives du sport moderne. Pour raconter l’histoire de cette incroyable fraude sportive, et gratter sous la surface des jugements trop faciles, il fallait bien un réalisateur intelligent, psychologue et expert de la comédie humaine. Bonne pioche : Stephen Frears, le vétéran britannique a du métier et de l’expérience en matière de récits de faux semblants (Les Liaisons Dangereuses, Les Arnaqueurs, Héros malgré lui ou The Queen sont là pour en témoigner), et The Program s’inscrit parfaitement dans son univers. Bonne idée, aussi, d’avoir débauché John Hodge, scénariste du cultissime Trainspotting, parfaitement à son aise donc quand il s’agit de raconter une histoire d’addiction sévère et de paranoïa généralisée. La rencontre entre Frears et Hodge fait un mixe intéressant pour suivre la trajectoire de Lance Armstrong, et de tous ceux qui ont été entraînés dans le sillage du « train bleu » US Postal sur le Tour de France cycliste.

Le récit s’intéresse évidemment moins aux courses qu’à ce qui s’est passé en coulisses. Hodge et Frears refusent de jouer les pourfendeurs outragés, et suivent à hauteur du regard de leur principal protagoniste les excès de sa course à la victoire. Le dopage n’avait pas attendu Armstrong pour faire parler de lui dans le sport cycliste ; entre les décès tragiques (de Tom Simpson à Marco Pantani), les rumeurs certifiées (Jacques Anquetil), les victoires suspectes (Pedro Delgado, 1988), ou la fameuse affaire Festina de 1998, évoquée dans le film, avec Richard Virenque contrôlé positif « à l’insu de son plein gré » (merci les Guignols), il y avait depuis longtemps anguille sous roche. L’ère Armstrong a révélé les proportions effarantes de la pratique du dopage « médicalisé » effectué avec la complaisance des uns et le silence gêné des autres… Armstrong n’était pas seul en cause, d’ailleurs, ses rivaux (Jan Ullrich, Ivan Basso, Alexander Vinokourov, etc.) ayant tous reconnu avoir pris des mêmes produits miracles. Et depuis, les organisateurs du Tour ont beau clamer le retour à une course propre, la suspicion règne toujours (le cas d’Alberto Contador, évoqué à mots couverts dans le film…). Le fameux « programme » du titre nous montre comment le champion texan et son médecin ont sciemment modifié les règles du jeu. Plus question d’aller bêtement dans une pharmacie suisse acheter les produits interdits (ce que nous montre Frears dans une savoureuse scène) ; la tricherie s’est ici effectuée sous strict contrôle médical impliquant toute l’équipe (aux ordres de son « boss », et interdiction de refuser le traitement !), et le principal intéressé a transformé le Tour en franchise commerciale internationale. Bien malin celui qui oserait alors critiquer l’ancien malade du cancer devenu un modèle de combativité et de réussite financière… Le plus stupéfiant dans l’affaire restant que tout le monde ou presque ait dit amen à la victoire du champion improbable. Le Tour de France est sans pitié pour les coureurs, qu’ils soient « clairs » ou « chargés ». Les statistiques étaient révélatrices : avant sa maladie, Armstrong avait abandonné trois fois, remporté seulement deux étapes de rouleurs, et fini une seule fois à la 36ème place. Une fois remis sur pied selon la méthode du docteur Ferrari : sept victoires consécutives, toutes ressemblant à l’édition précédente ! Les quelques voix dissidentes, comme celle de David Walsh (excellent Chris O’Dowd), ou des coureurs osant rompre l’omerta, seront vite étouffées.

On peut faire confiance au grand directeur d’acteurs qu’est Frears pour observer et décortiquer les travers de ses protagonistes, et dresser des portraits plus vrais que nature de ceux-ci. Peu connu du grand public, Ben Foster est impressionnant dans le rôle d’Armstrong, ayant poussé la préparation au rôle à l’extrême puisqu’il a reconnu avoir pris lui-même des produits dopants pour avoir la masse physique de l’ancien cycliste ! Au-delà de ce risque très « Actor’s Studio », Foster a bien cerné et traduit la complexité de son personnage, un conquérant doublé d’un grand paranoïaque. C’en est presque inquiétant, tant Foster a su s’approprier l’allure très « cyborg » de l’ancien champion dans ses apparitions publiques. Ce masque inquiétant, cependant, tombe parfois, brièvement : une très belle scène, par exemple, face à un enfant cancéreux et condamné, ou Armstrong décide de se taire ; il arrête son « show » et fait enfin preuve de compassion. Il est humain, pendant quelques instants, et affiche un visage bien différent de son comportement habituel, notamment dans la curieuse relation qu’il entretient avec son successeur désigné, Floyd Landis. Une drôle d’histoire : Landis, Maillot Jaune 2006 destitué, est un Mennonite pratiquant convaincu – élevé dans l’application stricte du culte Protestant, qui garantit l’Enfer éternel pour les menteurs et les criminels… On imagine sans peine le dilemme du nouveau venu dans l’équipe US Postal, partagé entre son admiration pour le champion texan, sa complicité dans la pratique du dopage, et la foi de ses pères. Vu la façon dont le film montre sa prise de conscience qui va faire éclater le scandale, on peut se demander si Armstrong n’a pas inconsciemment choisi d’intégrer Landis pour l’aider à arrêter son cirque infernal et expier ses fautes. La supercherie révélée, il ne restera au final qu’au champion tricheur qu’à plonger dans un plan d’eau au nom très symbolique, « Dead Man’s Hole » (« le Trou de l’Homme Mort »), avant de renaître, peut-être. La route pour la rédemption est cependant encore bien longue.

On appréciera aussi, au passage, l’humour et l’ironie dont est toujours capable Frears, dès qu’il s’agit de décortiquer les aléas de la célébrité et de la médiatisation. Pas étonnant dans ce cas de voir réapparaître ce bon vieux Dustin Hoffman, le Héros malgré lui du cinéaste britannique, le temps de quelques scènes. Il est toujours là pour rappeler que l’Amérique (et le reste du monde) croit facilement aux histoires trop belles pour être vraies… et que les médias adorent fabriquer les héros de ce type. Il y a, dans The Program, une morale impitoyable et universelle à ce sujet : on n’a sans doute pas les héros que l’on souhaite avoir, mais bien ceux qui nous ressemblent…